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Trouver son moteur et... son tracteur

May 26, 2016

À l'heure où aucun véhicule à moteur ne pourra bientôt plus circuler, faute de carburant ou d'électricité, mes pensées galopent ce jour vers ce qui nous anime, ce qui nous meut, ce qui nous emporte. Vers qui on est, ou qui on doit être, ou qui on peut être. Vers ce qu'on a envie de faire. Un ronflement. Un ronronnement. Un chuchotement. Une musique, entêtante, dont les paroles restent pourtant à écrire.

 

Et là, PAF ! les chansons m'assaillent, qui parlent de nous emmener, emporter, envoler... Petite revue spontanée de chansons qui parlent de ce qui _ ou ceux qui _ nous pousse(nt) vers notre futur. Rien qu'en "chanson française", on a de quoi faire.

 

Aznavour :

 

"Emmenez-moi
Au bout de la terre
Emmenez-moi
Au pays des merveilles
II me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil."

 

Pagny (pourtant pas mon chanteur référence :-P ) :

 

"Là où je t'emmènerai
Aucune peur, ni aucun doute
Le monde est toujours en été
Pas de douleur et pas de déroute
C'est là que je t'emmènerai
Sur ma route
pour te réchauffer et te protéger
Sans t'étouffer
Je t'emmènerai"

 

Goldman :

 

"Envole-moi, envole-moi, envole-moiiiiiiii,
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Envole-moi, envole-moi
Remplis ma tête d'autres horizons, d'autres mots
Envole-moi"

 

Fréro Delavega :

 

"Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent"

 

Alors tout à coup, tout est clair. À l'heure où l'on cherche sa place, où la question du sens de ce que l'on fait, de ce pour quoi on est là, de ce qu'on peut faire pour contribuer à la société, se fait de plus en plus prégnante, il me semble que chercher son moteur, c'est bien, mais il faudrait aussi trouver son "tracteur".

 

Zut. Encore deux fois plus de boulot. Qu'est-ce que j'entends par là ? C'est davantage une intuition qu'une prétendue théorie. Évidemment :-)

 

En fait c'est comme si on devait s'aider de ces deux forces pour avancer : le moteur, la force motrice, nous pousse vers nos objectifs. Elle est facile à concevoir. On la ressent déjà. Simplement on a parfois du mal à la canaliser. Elle puise dans nos ressources, elle est très énergivore. Elle peut être très puissante, nous faire avancer très vite, nous dynamiser, nous faire faire de grandes choses. Mais seule, c'est comme si elle poussait inévitablement à faire une sortie de route.

 

Parce qu'elle se maîtrise mal. Parce qu'elle se nourrit de beaucoup d'ego. Parce qu'elle nous donne un sentiment de vie très fort. Je fonce, je roule, donc je me sens vivant(e). En prime, elle n'est que partiellement stockable. Une forme d'énergie qu'on emmagasine parfois sans comprendre comment. Un pourquoi qui peine à émerger. Une force vive et spontanée, comme un cheval fougueux. Elle peut muer du jour au lendemain. Un jour sûre d'elle, elle est une Ferrari, fière, arrogante, elle déplacerait des montagnes. Rien ne pourrait l'arrêter. Le lendemain, sans savoir pourquoi, elle roule au frein à main, n'a plus de gaz, a oublié où elle devait nous porter, et perdu son chemin. À la fois permanente et fugace, elle n'a de contours que ceux qu'on veut bien lui dessiner, au jour le jour, presque heure par heure.

 

Alors j'imagine une force, capable de réguler cette première force. Une force plus "tranquille" (bon, ça y est, on a le droit de réutiliser cette expression, ou bien elle est marquée pour les 100 prochaines années ???), plus bonhomme, plus pépère. Une force stabilisante. À la fois ABS, EMB ou je ne sais pas trop quoi, capable de venir en soutien de la force motrice, d'ajuster la direction prise, de renforcer l'accélération comme de pousser puissamment sur le frein.

 

Elle est sage, elle est réfléchie, elle trouve son énergie dans des ancrages plus profonds, plus authentiques.

 

Elle est à chercher plus au fond de soi. Elle est peut-être enfouie depuis plusieurs années. Pas assez sexy. Pas assez ceci. Voyez, le moteur, c'est beau, c'est rutilant, ça brille, c'est puissant, c'est noble, c'est central. Mais une carcasse, un machin métallique, lourd, lent, pesant, c'est moins évident à déplacer. Ça demande davantage de travail. C'est une forme d'énergie à long terme. Quelque chose d'au moins aussi précieux que le moteur. Le tracteur est capable de nous pousser quand notre moteur peine, du bout de son nez, son métal plie mais ne rompt pas ; il est capable de nous tirer quand c'est lui qui est le plus en haut de la pente : il nous tracte, il avance, un mètre après l'autre, il ne s'arrête jamais, il ne se ménage pas, il devient même une forme de moteur pendant que l'autre reprend son souffle. Il est au contraire aussi capable de stopper le moteur dans sa course, de le mettre en pause pour lui éviter la surchauffe, il s'arrête alors et tire le frein à main ; il lutte, il lutte, il sait que c'est dans l'intérêt du moteur de ne pas le laisser filer aussi vite que ce qu'il pourrait.

 

Le moteur, c'est sans doute simplement ce que l'on aime, ses objectifs, ses envies du moment, ce qu'on imagine que les autres attendent de nous à cet instant. C'est ce que l'on a été ces dernières années, ce que l'on imagine pouvoir obtenir dans les années à venir si on continue dans cette voie. Mais quand nos objectifs évoluent, que nos ancrages se font mouvants, qu'on se laisse porter par de nouvelles envies, qu'on finit par écouter ses talents, que reste-t-il pour nous maintenir sur la route ? Où sont passés nos repères ? Ils sont à aller chercher du côté du tracteur. De cet esprit pépère qui nous sublime pourvu qu'on lui fasse une petite place. Ce sont notre famille, nos amis sur qui l'on a toujours pu compter, ceux pour qui notre statut importe peu, ceux qui savent qui l'on est vraiment, les personnes qui nous aiment, qui nous connaissent, qui sont dans la bienveillance, qui vont nous aider à nous réaliser sur le long terme, et pas juste tant que le moteur brille. Ce sont nos envies anciennes, qui sentent bon le chocolat. Nos envies d'avant, de quand on s'autorisait à avoir des passions, du temps pour soi, du temps pour rêver, du temps pour s'inventer. Celles qui collent parfois très précisément avec la rubrique "loisirs" de la fiche que chaque prof nous faisait remplir à l'entrée au collège. Celles avec lesquelles on se sentait bien, à notre juste place, sans chichis, juste parce qu'on aimait bien ça et que ça nous correspondait. Elles sont parfois à prendre brutes, parfois à travailler, à étoffer, à faire émerger, à nuancer, à adapter.

 

L'avantage du tracteur, en prime, c'est qu'on peut en avoir plusieurs, en vrai. Et plus on a de tracteurs, plus ça nous renforce. Notre moteur peut bien vouloir s'emballer, on s'en fout. On a nos tracteurs. Le tracteur est simple. Davantage de tracteurs, c'est encore plus de fluidité. Trouver ses tracteurs, c'est donc la garantie que quels que soient les virages dans lesquels notre moteur va se laisser embarquer, on gardera toujours un cap. Une forme de direction : pas rectiligne mais souple, pas forcément la plus rapide mais celle qui nous convient. Une forme de continuité, quand le moteur s'emballe en pointillés.

 

Le temps du tracteur est plus long que celui du moteur. Le tracteur creuse plus longtemps son sillage. Il ne reste pas en surface, il ne se précipite pas sur le premier piston à actionner qui passe. Il prend son temps. Il est patient.

 

Le rapport avec les chansons ? On voit bien qu'on peut être tracteur pour certains, tracté par d'autres, parfois les deux à la fois pour la même personne ; l'important c'est la qualité de la relation, la confiance, l'engagement. C'est dingue tout ce qu'on attend de ses tracteurs ! Alors ensuite la dernière clé à actionner c'est de se forger son propre tracteur intérieur, qui n'a pas toujours besoin immédiatement de ses copains tracteurs pour faire face aux situations d'urgence. Une sorte de "super tracteur" qui saura temporiser, attendre de l'aide, remonter le moteur qui aurait glissé trop près de la falaise. Le super tracteur n'est pas voué à se la jouer solo. Il est juste capable de s'auto-alimenter quelque temps, quand le moteur a besoin en permanence d'énergie extérieure. Le super tracteur a de la réserve. Il a même une capacité à s'auto-régénérer. Un super tracteur résilient, en quelque sorte :-)

 

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